Un jeune patient de 17 ans se présente en urgence au cabinet de médecine générale un samedi matin, pour des douleurs dentaires (son chirurgien-dentiste n’exerce pas le samedi). Il n’a pas d’antécédents médicaux ni de comorbidités et ne prend aucun traitement. Il a bénéficié de l’extraction des dents de sagesse mandibulaires 3 jours plus tôt, et la douleur du côté gauche est allée crescendo depuis. Elle ne cède plus au paracétamol depuis 36h et elle est insomniante, le patient la score à 7/10 sur l’EVA. Il n’a pas de fièvre, pas de limitation d’ouverture buccale, pas d’asymétrie faciale. A l’examen physique, vous ne trouvez pas d’adénopathie cervicale. Vous observez en bouche l’alvéole déshabitée, l’os alvéolaire est exposé ; la gencive autour est inflammatoire et un peu douloureuse à la palpation. Celle-ci n’est pas fluctuante et ne fait pas sourdre de pus, le fond de vestibule n’est pas comblé.
Le patient vous apprend qu’il a bénéficié d’une antibioprophylaxie 1h avant son intervention. Son ordonnance post-opératoire comporte de la prednisolone (1mg/kg en 1 prise le matin pendant 3 jours), du paracétamol 1000 mg (1-1-1) et des bains de bouche à la chlorhexidine 0,2% débutés le soir-même de l’intervention.
1/ Quelle est l’hypothèse diagnostique la plus probable ?
Ce n'est pas le bon diagnostic ! Il fallait répondre C. Une alvéolite sèche
L’alvéolite sèche est une inflammation post-opératoire de l’os alvéolaire, sans phénomène infectieux associé. Elle survient en général dans les 24 à 48h post-extraction, en raison de l’absence de formation ou de la dégradation précoce du caillot sanguin après l’avulsion. Elle laisse l’os alvéolaire à nu, exposé dans la cavité buccale. Elle génère des douleurs intenses, ne cédant pas aux antalgiques de palier I. Bien que spontanément résolutive en 5 à 7 jours en l’absence de traitement, elle est invalidante en raison des douleurs insomniantes. Une prescription d’antalgiques de palier II (les opioïdes sont en général très efficaces) permet de faire céder la douleur, en attendant la consultation dentaire. Le chirurgien-dentiste rincera l’alvéole au sérum physiologique pour éliminer les éventuels débris alimentaires puis mettra en place au contact de l’os exposé un pansement chirurgical alvéolaire.
Il ne s’agit pas d’une complication infectieuse et sa prise en charge ne nécessite aucun traitement antibiotique, uniquement un geste local si possible et surtout la prescription d’antalgiques adaptés.
Bravo, c'est le bon diagnostic !
L’alvéolite sèche est une inflammation post-opératoire de l’os alvéolaire, sans phénomène infectieux associé. Elle survient en général dans les 24 à 48h post-extraction, en raison de l’absence de formation ou de la dégradation précoce du caillot sanguin après l’avulsion. Elle laisse l’os alvéolaire à nu, exposé dans la cavité buccale. Elle génère des douleurs intenses, ne cédant pas aux antalgiques de palier I. Bien que spontanément résolutive en 5 à 7 jours en l’absence de traitement, elle est invalidante en raison des douleurs insomniantes. Une prescription d’antalgiques de palier II (les opioïdes sont en général très efficaces) permet de faire céder la douleur, en attendant la consultation dentaire. Le chirurgien-dentiste rincera l’alvéole au sérum physiologique pour éliminer les éventuels débris alimentaires puis mettra en place au contact de l’os exposé un pansement chirurgical alvéolaire.
Il ne s’agit pas d’une complication infectieuse et sa prise en charge ne nécessite aucun traitement antibiotique, uniquement un geste local si possible et surtout la prescription d’antalgiques adaptés.