antibioest stock trod

Tests rapides réalisés au cabinet
VS
Prise en charge habituelle pour des prescriptions d’antibiotiques appropriées dans les infections respiratoires aiguës en soins primaires

Essai PRUDENCE

Van der Velden AW et al. Point-of-care testing strategy versus usual care to safely reduce antibiotic prescribing for acute respiratory tract infections in primary care (PRUDENCE): a pragmatic, randomised controlled trial in 13 countries. The Lancet Primary Care. 2026;2(2):100104.

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L’essai PRUDENCE est un essai randomisé pragmatique, mené dans 13 pays européens (dont la France) auprès de 2639 patients, vus en consultation pour une toux récente ou un mal de gorge, deux motifs très fréquents de prescription (souvent inutile) d’antibiotiques en soins primaires. Pour tous ces patients inclus, le médecin envisageait déjà une antibiothérapie au moment de la consultation.  

L’objectif de l’étude était d’évaluer si l’utilisation des tests rapides réalisés au cabinet (Protéine C-Réactive (CRP), streptocoque A, influenza A et B, combinaison streptocoque A + influenza A et B) pouvait réduire en toute sécurité la prescription d’antibiotiques dans les infections respiratoires aigües en soins primaires

Les patients ont été répartis selon les symptômes, le statut SARS‑CoV‑2 et la saison grippale, puis randomisés entre un groupe ayant recours aux tests rapides en complément d’une prise en charge standard et un groupe bénéficiant d’une prise en charge habituelle sans recours systématique à ces tests. Dans le groupe utilisant les tests rapides, l’adhésion à la stratégie a été élevée, avec un taux d’utilisation des tests atteignant 95 %

Résultats de l'essai PRUDENCE

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Les résultats montrent que l’utilisation des tests rapides réalisés au cabinet n’a pas entrainé de réduction significative des prescriptions d’antibiotiques. En effet, 45,7% des patients du groupe où les tests rapides ont été utilisés ont reçu un antibiotique, contre 47,1 % dans le groupe bénéficiant des soins habituels. 

Sur le plan clinique, l’utilisation des tests rapides réalisés au cabinet s’est révélée aussi sûre que la prise en charge standard, n’entrainant ni retard de récupération (avec un retour aux activités normales à 4 jours dans les deux groupes) ni augmentation des complications ou des événements indésirables graves. Par ailleurs, les médecins ont rapporté un niveau élevé de satisfaction quant à l’utilisation de ces tests. 

Néanmoins, malgré leur fiabilité et leur intérêt dans les situations d’incertitude diagnostique, l’étude a mis en évidence que les tests rapides réalisés au cabinet, pris isolément, alors que le médecin pensait prescrire une antibiothérapie, ne suffisent pas à réduire significativement les prescriptions d’antibiotiques. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette absence d’impact, notamment l’absence de protocoles décisionnels standardisés, le besoin de formation spécifique pour intégrer les tests rapides dans le raisonnement clinique, ou encore l’importance de la communication médecin‑patient dans la gestion des attentes des patients vis-à-vis des antibiotiques. Les résultats suggèrent également que les médecins ont tendance à maintenir leur intention initiale de prescription, même lorsque le résultat du test oriente vers une autre décision, utilisant donc souvent ces tests pour confirmer un choix déjà envisagé. 

Ces résultats soulignent donc l’importance d’accompagner l’utilisation des TROD par d’autres mesures.

Vous pouvez trouver de nombreuses ressources ad hoc sur le site AntibioEst :

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